Le 20 mars 2026, le Canada a fait deux gestes d'un coup. La ministre de l'Immigration, Lena Metlege Diab, a profité de la Journée internationale de la Francophonie pour annoncer 1,5 million de dollars en nouveaux financements pour trois projets du Programme de soutien à l'immigration francophone. Elle a aussi réservé 5 000 espaces fédéraux de sélection aux provinces et territoires, pour désigner des immigrants francophones.
Si vous étudiez au Québec, ce n'est pas une mesure lointaine. Cela élargit la route vers la résidence permanente pour quiconque parle français.
Pourquoi le 20 mars est significatif : un signal délibéré
Le Canada a choisi la Journée internationale de la Francophonie pour une raison. La date dit que l'immigration francophone n'est pas un programme de niche. C'est une priorité.
La ministre Metlege Diab a présenté l'annonce en termes économiques. Une main-d'œuvre bilingue, a-t-elle dit, est un « avantage stratégique majeur » dans les économies axées sur l'innovation. Bien accueillir les francophones renforce les communautés et sert l'avenir économique du pays.
Ce discours compte. Il dit aux candidats comme aux provinces que l'argent et l'attention vont continuer.
Les cibles d'immigration francophone du Canada : quatre ans de croissance
Le gouvernement a tracé une trajectoire claire pour l'immigration francophone hors Québec :
- Résultat 2025 : 8,9 % des résidents permanents admis hors Québec étaient francophones, au-dessus de la cible de 8,5 % pour la quatrième année de suite
- Cible 2026 : 9 %
- Cible 2027 : 9,5 %
- Cible 2028 : 10,5 %
- Objectif à long terme : 12 % d'ici 2029
Quatre années de cibles dépassées, ce n'est plus une ambition, c'est un bilan. Chaque point de plus veut dire plus d'invitations dans les tirages Entrée Express pour francophones. Cela veut aussi dire des scores de passage plus bas au Système de classement global (SCG) et plus d'espaces réservés aux francophones dans les Programmes des candidats des provinces (PCP).
Pour qui parle bien français, le calcul est simple. Le nombre de places croît plus vite que le nombre de candidats, alors la compétition reste douce et les scores de passage restent bas.
1,5 M$ pour trois nouveaux projets
Le cœur de l'annonce du 20 mars, c'est 1,5 million de dollars pour trois nouveaux projets. Ils s'ajoutent à un portefeuille grandissant : 19 projets ont désormais reçu environ 14,4 millions de dollars dans le cadre du programme.
1. Renforcer la présence francophone dans le secteur des TIC
Ce projet cible les technologies de l'information et des communications, où la demande en professionnels bilingues dépasse toujours l'offre. Si vous étudiez en informatique, en génie ou en science des données et que vous parlez français, vous tenez deux cartes à la fois. Vous pouvez être choisi dans un tirage pour francophones ou dans un tirage STIM.
2. Attirer et retenir les talents francophones dans le Nord de l'Ontario
Les communautés francophones du Nord de l'Ontario peinent depuis longtemps à attirer et à garder des travailleurs qualifiés. Ce projet met de l'argent sur cet écart. Si vous êtes ouvert à regarder au-delà de Montréal et de Toronto après votre diplôme, le Nord offre un coût de la vie plus bas, des réseaux communautaires solides et une vraie demande pour vos compétences.
3. Mieux informer les candidats francophones
Ce projet crée de nouvelles ressources sur l'emploi, l'immigration et l'établissement dans les communautés francophones hors Québec. Une meilleure information, c'est moins d'occasions manquées et des choix plus clairs.
Un micro-certificat à l'Université de l'Ontario français
L'Université de l'Ontario français recevra aussi jusqu'à 575 000 $ sur trois ans dans le cadre du Programme d'établissement. L'argent finance un nouveau micro-certificat en gestion de l'immigration francophone.
Cela compte plus qu'il n'y paraît. Des conseillers et des travailleurs d'établissement mieux formés donnent de meilleurs conseils aux nouveaux arrivants. À mesure que l'immigration francophone monte vers la cible de 12 %, ceux qui accueillent doivent être plus nombreux et mieux outillés.
5 000 nouveaux espaces fédéraux de sélection : ce que cela change
À compter de 2026, le Canada réservera 5 000 espaces fédéraux de sélection aux provinces et territoires, pour désigner des immigrants francophones. Ces espaces sont additifs. Ils s'ajoutent aux allocations annuelles des PCP au lieu de les gruger.
Concrètement, les provinces peuvent créer ou élargir des volets visant les francophones. L'Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba mènent depuis longtemps de solides volets PCP francophones, et cette marge leur permet d'en choisir davantage.
Il y a un cadre plus large autour de tout cela. Ottawa consacre 25 millions de dollars sur cinq ans au Centre d'innovation en immigration francophone, créé dans le cadre du Plan d'action pour les langues officielles 2023-2028. Le Centre soutient des projets innovants et garde le point de vue francophone dans les politiques d'immigration.
Pour les candidats à l'Entrée Express, le lien est direct. La catégorie de maîtrise du français affiche les scores de passage SCG les plus bas de tous les tirages — aussi bas que 379 points lors de tirages récents, contre 518 à 547 pour les tirages généraux. Les 5 000 espaces PCP supplémentaires offrent une deuxième route. Une nomination provinciale ajoute 600 points SCG, ce qui garantit pratiquement la sélection.
L'initiative Communautés francophones accueillantes
Le gouvernement a aussi mis en lumière les Communautés francophones accueillantes (CFA), qui réunissent désormais 24 communautés francophones et acadiennes au pays. L'approche est « par et pour les francophones ». Ce sont les membres des communautés eux-mêmes, par l'intermédiaire des Réseaux en immigration francophone, qui ont choisi les communautés participantes.
Ce ne sont pas de simples points sur une carte. Chaque communauté offre de vrais services d'établissement : formation gratuite en français et en anglais, aide à la recherche d'emploi et à la rédaction de CV, mise en contact avec des employeurs et soutien à l'intégration.
Si vous pesez la vie après le diplôme hors du Québec, ces communautés sont des points d'ancrage avec des réseaux francophones actifs et des employeurs habitués à embaucher des nouveaux arrivants.
Ce que cela signifie pour les étudiants internationaux au Québec
Si vous étudiez au Québec, ces annonces touchent directement votre plan. Voici pourquoi.
Votre français est déjà votre meilleur atout d'immigration. La catégorie de maîtrise du français de l'Entrée Express est descendue à 379 points — plus de 140 points sous les tirages généraux. Ce nouvel argent dit que les tirages pour francophones resteront actifs et bien financés en 2026 et après.
Étudier au Québec en français, c'est le profil le plus solide qui soit. Dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés du Québec (PSTQ), le français à lui seul peut valoir jusqu'à 200 points sur la grille de 1 400 points. Au Québec, les étudiants bâtissent le français et l'expérience canadienne en même temps, pendant leurs études. C'est exactement le profil que ces programmes récompensent.
Des routes existent aussi hors Québec. Le programme Mobilité francophone et le Projet pilote des communautés francophones en situation minoritaire pour étudiants ouvrent des options si vous envisagez de vous établir hors de Montréal. Les 5 000 nouveaux espaces PCP en ajoutent d'autres.
Le moment d'agir, c'est maintenant. La cible de 9 % pour 2026 veut dire plus de sélections dans le bassin Entrée Express francophone cette année. Les mois d'ici votre diplôme sont exactement ceux où l'on bâtit les résultats linguistiques, l'expérience de travail et les titres que ces programmes paient.
Comment vous positionner
- 01Passez votre test de français maintenant. Les résultats du TEF Canada et du TCF Canada sont valides deux ans. Passer du niveau 7 au niveau 9 sur l'échelle des Niveaux de compétence linguistique canadiens (NCLC) peut ajouter plus de 50 points SCG et hausser votre score PSTQ.
- 02Bâtissez votre profil Entrée Express pendant vos études. Si vous êtes admissible à la Catégorie de l'expérience canadienne (CEC) après le diplôme, 12 mois de travail au Canada plus le français vous placent dans les tirages aux scores de passage les plus bas.
- 03Explorez le réseau des Communautés francophones accueillantes. Les 24 communautés recrutent activement des professionnels francophones. Si vous êtes ouvert à vous établir hors de Montréal, elles offrent du soutien et des contacts d'employeurs qui accélèrent tout.
- 04Surveillez les 5 000 nouveaux espaces PCP. Guettez les volets francophones des provinces au fil de 2026. L'Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba sont les plus susceptibles de bouger en premier.
- 05Suivez les dates des tirages pour francophones. Les tirages par catégorie tombent à intervalles irréguliers. Gardez votre profil Entrée Express actif et à jour, pour être dans le bassin quand un tirage arrive.
- 06Menez les plans fédéral et provincial en parallèle. Une demande au PSTQ du Québec et un profil Entrée Express fédéral ne s'excluent pas. Faire les deux augmente vos chances d'invitation par l'une ou l'autre voie.
Conclusion
Les annonces du 20 mars ne sont pas routinières. Le Canada bâtit le financement, les espaces et le soutien pour atteindre 12 % d'immigration francophone hors Québec d'ici 2029. Quatre années de cibles dépassées montrent que le plan roule, il ne rêve pas.
Pour les étudiants francophones au Québec, le message est clair. Votre langue est un atout que le Canada paie pour attirer. Scores de passage plus bas, espaces PCP dédiés, soutien à l'établissement élargi, cibles en hausse : il n'y a jamais eu de meilleur moment pour être un candidat francophone.
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